resume societes paysannes 1

Les sociétés paysannes – Henri Mendras Avant propos Introduction Le paysan et la nature La lecture d’un paysage permet de décrypter les différentes empreintes qui se sont succédés que un même sol. L’équilibre entre la population et les ressources qu’elle tire de la nature est toujours instable à partir du moment où est atteint un certain degré d’exploitation du milieu. Le paysan, l’éleveur e Le paysan sédentaire cultivateur itinérant jusqu’à épuisement e La forêt qui fait peu Sni* to View nextggge utaies et taillis. Le rûle, cultive la terre quérir le sol. tiquée. En Méditerranée : élevage et cueillette la lisière de l’agriculture paysanne. L’histoire agricole de l’Europe se résume une lutte entre l’agriculture et la forêt. L’équilibre entre les ressources et peuplement La surcharge d’hommes entraine une surcharge de pâturages, mais surtout une transformation du système d’exploitation genéralement par l’intensification des cultures. Habitat et habitation L’habitat désigne, pour hommes et animaux, l’aménagement d’un lieu pour en faire une « demeure » à la fois habitation, retraite, atelier de travail et cadre de vie.

Le paysan, produit de la technique et du droit L’habitat se complète par son terroir, terme qui désigne l’ensemble des terres aménagées pour la culture et l’élevage par une collectivité donnée. Le terme de finage désigne l’espace et d’élevages qui doit répondre à deux exigences et respecter deux contraintes : une exigence technique : entretient de la terre ; une exigence soclale : échanges oui production de prodults nécessaires , une contrainte technologique : perfectionnement de foutillage ; une contrainte naturelle : fertilité des sols et conditions climatiques.

Chapitre : Economie paysanne A mesure que le système capitaliste étend sa domination ? ‘ensemble de la planète, des populations entières, jusqu’icl ? l’écart, entrent en rapport avec l’économie mondiale et ses relais locaux, et par là, deviennent « paysannes Il n’y a pas eu, par le monde, autant de paysans qu’aujourd’hui. Travailler pour se nourrir Le paysan travaille la terre pour se nourrir : toute théorie de l’économie paysanne n’est que le commentaire de cette formule lapidaire ?

En cela, l’économie paysanne n’est pas différente de l’économie primitive. Mais le paysan produit aussi pour un marché englobant, et ceci le distingue du « primitif par paysan, l faut entendre famille paysanne : unité indissociable. Dans tous les cas, chaque production répond à une consommation précise. Tout surcroît de travail entraîne une abondance inutile et le travailleur n’est donc pas payé pour sa peine.

Le prélèvement Contre l’économie plus large, l’économie paysanne se protège et elle cherche aussi à l’utiliser à son profit. Fournir le prélèvement et satisfaire les besoins internes grâce aux bras et à la terre disponible : telle est féquation simple que doit résoudre année par année le paysan. Ni capital, ni salaire La terre n’est pas à proprement parler un capital, au sens apitaliste du terme, puisqu’elle n’en endre pas de profit.

La rémunération PAGF OF parler un capital, au sens capitaliste du terme, puisqu’elle n’engendre pas de profit. La rémunération du facteur terre varie en fonction de la densité démographique et du mode de tenure beaucoup plus qu’en fonction de sa rentabilité. Le seul capital au sens strict du terme est le cheptel de rente. Les seules notions opératoires sont le patrimoine, la production finale brute, le prélèvement et la production non consommée qui peut être epargnee.

La valeur de l’argent L’économie paysanne, dans son principe, n’est pas une économie onétaire. L’argent est complètement externe au système et s’il pénètre, c’est de l’extérieur, introduit par Péconomie englobante, dont il est à la fos l’agent et le signe, au sein de l’économie paysanne. La monnaie ne peut remplir que des fonctions marginales. Réduit à cette fonction marginale d’élément mobile du patrimoine, l’argent n’a pas de valeur dans l’économie paysanne, puisqu’il ne sert à rien dans son fonctionnement quotidien.

Le manoir, le village et le kolkhoze Les « républiques » pastorales de montagne et l’économie de manoir se caractérisent par une très faible différenciation entre ociété paysanne et société englobante, celle-ci par un poids très faible sur l’économie et sur le fonctionnement politico- social. Sont très indépendantes du monde extérieur. Dans le nord des Balkans, les beys, résidant dans les villes, veillaient à la perception du tribut et à ce que les populations fussent calmes.

L’économie de manoir, n’est que la transposition à l’échelle d’un domaine seigneurial du système paysan d’autoconsommation. La redevance est un prélèvement sur une partie des récoltes qui se double d’une redevance en travail (un ou plusieurs journées ne partie des récoltes qui se double d’une redevance en travail (un ou plusieurs journées de travail par semaine au seigneur). Au manoir, se trouvent les artisans, le moulin et l’autorité incarnée par le seigneur entouré de ses gens d’armes. Le « mir » : communauté russe traditionnelle qui fut renforcée par l’abolition du servage.

Aujourd’hui le kolkhoze comporte une exploitation collective fréquemment consacrée à la culture des céréales facilement mécanisables. Sans le système capitaliste comme dans le système socialiste, pour l’élevage, la compétition est inégale ntre ferme familiale et entreprise « industrialisée De l’économie paysanne, à la production capitaliste Le passage d’une économie paysanne à une économie socialisée est en voie d’achèvement dans les pays capitalistes occidentaux d’industrialisation avancée, où l’on peut parler, au sens strict au terme, de la fin des paysans.

Les exploitations familiales demeurent encore nombreuses, mais elles sont de type artisanal et non plus strictement paysannes. Autarcie villageoise Les châtelains « donnaient », au sens strict, du travail a toute une population non seulement de salaires, mais aussi d’artisans ; et es châtelaines faisaient des aumônes abondantes aux familles pauvres de la commune. En Inde, le systeme appelé « jajmani articule la division du travail au moyen de relations personnelles héréditaires : chaque famille dispose pour chaque tâche spéciale d’une famille de spécialistes.

Le travail, à façon et l’intégration capitaliste A côté de la production agricole, dès le Moyen Âge, la production artisanale, notamment textile, n’est organisée grâce au travail familial paysan de manière analogue. Une firme est « contrain textile, n’est organisée grâce au travail familial paysan de manière analogue. Une firme est « contrainte » par le système de récupérer les baisses de prix et la mévente sur ces « contractants Le système capitaliste a intérêt à maintenir de petites exploitations agricoles qui sont très rentables, malgré les apparences.

Ici le paysan n’est plus qualifié comme tel puisque l’autosubsistance n’est plus ni le principe organisateur de leur système technique ni la logique qui préside la gestion de leur exploitation. Chapitre Il : Groupes domestiques La famllle contemporaine ne serait qu’une forme dégradée de la famille paysanne ; une sorte de ruine sociale, dont tout le harme tient à l’architecture ancienne qu’elle évoque. Groupe domestique : groupe constitué par les gens qui vivent selon les expressions anciennes. La société paysanne organise l’essentiel de la vie économique au sein des groupes domestiques.

Le vocable du groupe domestique met l’accent sur l’ensemble des gens vivant dans la maison et évoque à la fois l’économie domestique qui répond au besoin du groupe, et le domaine qui le fait vivre. Deux caractéristiques essentielles du groupe domestique paysan : sa stabilité et son fondement patrimonial. pour exister, le groupe domestique doit disposer de terre et de isposition de la terre. Les biens se transmettent par l’héritage, et la position sociale par la succession. La logique du lignage l’emporte dans la succession. La logique de la maison l’emporte sur celle du lignage.

Dans les systèmes à lignage au à parentèle, le principe de parenté, cognatique ou agnatique, l’emporte. Dans les systèmes à maison, c’est le principe résidentiel qui l’emporte. La maison, le lignage ou PAGF s OF les systèmes à maison, c’est le principe résidentiel qui l’emporte. La maison, le lignage ou la collectivité villageoise sont, pour des sociétés paysannes, les trois paradigmes sociaux fondamentaux. Familles indlvises Les communautés « taisibles » du centre de la France et la « zadrouga » des Slaves du Sud fournissent deux exemples qui se prêtent à l’analyse du type le plus achevé du groupe domestique paysan.

Elles s’opposent à la communauté « expresse » qui de se contracte « pour le fait de marchandise » et à « l’affrèrement » par lequel deux frères décident de s’associer selon certaines règles et conditions prévues au contrat passé devant un notaire. Le fonds de la communauté comprend les terres, le cheptel et la caisse commune. Seuls les hommes sont vérltablement embres de la communauté. La « zadrouga » des Slaves du Sud présente les mêmes caractères que la communauté divisible. Dans certaines régions et à certaines époques, elle représentait le mode dominant d’organisation sociale de la paysannerie.

L’indivision du patrimoine entraine l’indivision de la famille et la perpétuation du groupe domestique. Les différentes tâches et les différentes positions dans la hiérarchie de groupe sont attachées aux différents rôles. L’organisation du groupe est immémoriale. Des groupes domestiques de ce type peuvent vivre en autarcie sur presque tous les plans. La famille-souche Pour assurer la continuité de la maison et éviter à la fois la surcharge et la division du patrimoine, chaque génération doit être représentée par un couple, et un seul, qui assure la transmission de l’héritage au couple de la génération suivante.

La famille-souche assure, de la même manière que la famille indivise, la OF de la génération suivante. La famille-souche assure, de la même manière que la famille indivise, la continuité du groupe domestique. Droit romain, code civil et diversité des coutumes successorales La continuité du groupe domestique de l’un ou [‘autre type uppose inaliénabilité et indivisibilité du patrimoine, ce qul s’oppose à deux principes du Droit romain ; droit de propriété individuel et total qui implique que nul n’est tenu de rester dans l’indivision.

Les régions du droit coutumier se sont soumises plus rapidement au code civil que les régions du droit écrit. La règle juridique, qui assure l’intangibilité de Favantage, est l’exclusion des enfants dotés. Dans un autre cas, l’enfant doté peut opter : soit conserver son bien et ne pas venir à la succession, soit rapporter sa dot à la masse en vue d’un partage ‘égal avec ses cohéritiers. Diversités des groupes domestiques La règle successorale peut renforcer l’égalité des groupes domestiques ; mais à l’inverse, elle suscite des stratégies d’alliances qui produisent des inégalités.

Rares sont les sociétés paysannes égalitaires, sauf si la terre est propriété collective. Plus le groupe domestique est potentiellement fort, plus l’inégalité est probable. L’absence de patrimoine ou un patrimoine réduit à une maison et à un lopin de terre excluent la constitution et la perpétuation d’un groupe domestique large. Les études de démographie historique montrent que féventail de la épartition entre les différentes situations domestiques varie considérablement de région à région et au cours du temps dans la même région.

Dans les sociétés paysannes, toute la vie économique est organisee au sein des groupes domestiques. L’agriculture pays paysannes, toute la vie économique est organisée au sein des groupes domestiques. L’agriculture paysanne est fondée sur une appropriation relativement stable d’un terroir limité et sur un système de production relativement complexe. Dans les sociétés lignagères, l’identité de chacun est fixée par son lignage plutôt que par sa « malson

Chapitre Ill : Collectivités locales L’importance de l’implantation locale et du lien de localité est très différente dans les sociétés lignagères et les sociétés paysannes. Une agriculture très élémentaire ne requiert ni stabilité sur le sol, ni gestion collective du travail. Les villages que l’on rencontre en Afrique noire sont le produit d’un effort répété de l’administration coloniale, puis nationale, pour regrouper la population de maniere à mieux la contrôler et aussi à lui fournir de meilleurs services.

Mendras utilise le vocable de collectivité et le vocable village our désigner toute localité de peuplement organisé et réserve le vocable communauté pour caracteriser des collectivités qui présentent des traits communautaires. Société d’interconnaissance « Ici tout le monde se connait « Ici » désigne un habitat. « Tout le monde » désigne tous les corésidents qui forment une population. Ce « tout le monde » comprend des « indigènes appartenant à des parentèles implantées « ici » depuis un temps immémorial. ? Ici », c’est « une seule famille » et on est « chez nous Chacun connaît tout le monde », c’est-à-dire tous les utres et tous les aspects de la personnalité d’autrui. Le status d’une personne est un status global et indifférencié, qui ne peut être dissocié en un certain nombre de positions dont il serait constitué. Quelqu BOF ne peut être dissocié en un certain nombre de positions dont il serait constitué. Quelques rôles exceptionnels sont liés à des traits de personnalité, tel l’innocent ou l’idiot du village, qui a le droit de faire ce qui serait incongru chez d’autres.

Ainsi, tout écart est expliqué ou parfois simplement enregistré, en attente dune exploitation conforme aux rôles et au status- une remise n cause du personnage est si rare qu’elle parait inadmissible. Ce qui n’est pas supportable, c’est le changement d’un individu qui remettrait en cause tout l’équilibre des rapports. Transparence, prévisibilité et stratégies Chacun sait comment il doit se conduite et sait aussi que les autres attendent de lui tel comportement dans telle situation.

Un tel mode de régulation soclale, pour être possible, suppose que les personnalités des individus y soient adaptées. ‘intimité du village exige que l’on garde ses distances. Toutes les situations et toutes les prestations prévisibles doivent être réglées dans es plus intimes détails. Dans toutes les sociétés paysannes, les choix matrimoniaux et la maitrise de la terre sont les occasions privilégiées de développer des stratégies savantes et de langue haleine, puisque ce sont les deux occasions principales où une incertitude est introduite dans le système des rapports sociaux ?

Homogénéité culturelle La société d’interconnaissance nécessite un accord idéologique complet de tous ses membres qui partagent la même vision du monde, le même système de valeurs et le même « outillage » intellectuel et verbal. Dans la mesure où chacun dispose ‘un langage commun et d’un code unique d’attitudes et de comportements, la société peut être transparente pour tous, et I PAGF code unique d’attitudes et de comportements, la société peut être transparente pour tous, et les actes prévisibles.

Le jugement moral suppose une morale valable pour tous et acceptée de chacun. La diversité des patois et des dialectes de réglon à région montre que cette homogénéité culturelle va de pair avec une relative autarcie sociale. un village totalement autarcique ne se rencontre guère dans la société. Le pouvoir Dans certaines sociétés, l’assemblée est composée de chefs de amille et elle ne se réunit qu’une fois l’an pour élire les « syndics » qui gouverneront en son nom pendant Pannée.

Ailleurs, elle rassemble tous les habitants de village, y compris les enfants, et peut être convoquée par quiconque a motlf d’avoir recours à elle, par exemple pour apaiser un différend familial ou pour organiser une céremonie. L’équilibre dynamique entre ces différentes forces s’établit selon une large variété de modèles, dont les 3 types les plus marqués et les plus fréquents sont les suivants : Une constellation de village peut former un tout autarcique sans guère de liens avec Hextérieur ,

Une toile de villages liés entre eux peut être centrée sur des pôles de la société englobante ; alors chaque village est le centre d’un réseau qui s’intègre dans la trame régionale ; Une république paysanne ou une cité rurale méditerranéenne vit sans zone environnante et en liaison directe avec la société englobante. La collectivité doit s’organiser pour résister ? l’intrusion de la société englobante. Diversité sociale Les sociétés paysannes paraissent fonder leur système social sur un agencement entre homogénéité culturelle et diversité sociale : l’un serait insupportable sans l’autre. C’est dans la