Dans une société où l’apparence, par l’intermédiaire des médias, a autant d’importance, il est essentiel de s’interroger sur les modalités, le sens ou la portée de ce qui semble s’être institué comme une norme. Aujourd’hui, quelle place accorde-t-on à la parole ? Au discours ? Les auteurs littéraires, des hommes comme Voltaire, comme Dlderot, si habiles à manier la langue, à une époque où les médias n’existaient pas, parvenaient à faire passer leurs idées sans payer de leurs personnes.
Dès lors, cela pose la question de la place des textes écrits que l’on peut examiner en e posant la question suivante Les textes littéraires et les formes d’argumentation souvent complexes qu’elles proposent vous paraissent-ils un moyen efficace de convaincr Après avoir montré premier point, nous qu’un texte argumen ors to View d’écriture dans un s modalités qul font (Je choisis de développer la seconde partie, sur l’inefficacité des formes argumentatives. ) Si les textes argumentatifs incontestablement ont une efficacité, il est néanmoins indéniable de remarquer que cette efficacité varie.
En effet, certalns textes posent problème quant à leur compréhension. Les Ess Swipe to View next page Essais de Montaigne par exemple, de par la complexité de leur langage posent clairement un problème : les lecteurs peu habitués à la langue du 16ème siècle ne se retrouveront pas dans les propos de Montaigne probablement parce que la fameuse barrière de la langue est présente entre eux et le sens et donc l’efficacité du texte. De la même façon, Rousseau reproche, dans son Emile ou Véducation, à La Fontaine, les tournures des vers, les approximations avec la réalité : un renard ou un corbeau parlent donc ?
Et qui plus est, ils emploient le même langage ? La critique est ici plus grave parce qu’elle porte sur la manière dont La Fontaine manipule la réalité pour faire passer ses morales. Même si dans sa préface aux Fables, La Fontaine justifiait le choix des animaux pour facillter la transmission du savolr, Rousseau considère que les enfants — puisque ce sont eux dont il s’agit – sont trompés. Dès lors, il semble dire qu’il ne faut pas faire n’importe quoi sans le prétexte du seul savoir.
De plus, si nous poursuivons sur l’exemple de La Fontaine, il est à craindre que par son langage très irréaliste et enfantin, au fur t à mesure des siècles, le but premier de ses fables n’ait été subordonné à l’aspect plaisant de ses poèmes. Certes aujourd’hui encore, les écoliers apprennent encore « le Corbeau et le Renard Loup et l’Agneau encore, les écoliers apprennent encore « le Corbeau et le Renard « Le Loup et l’Agneau », « Le chêne et le Roseau » mais en comprennent-ils pour autant le message sous-jacent ?
Nos écoliers ne sont plus le Dauphin, fils de Lous XIV dont La Fontaine est le précepteur et à qui ces fables étaient initialement destinées. Ainsi l’aspect plaisant de la fable peut faire oublier a portée : de la même façon, Candide et ses tribulations possèdent un aspect divertissant, relaxant. Voltaire a clairement choisi de faire voyager son personnage en Europe, en Amérique du Sud, créant ainsi un dépaysement profitable au lecteur… ais aussi à l’auteur qui évite alors tout risque de censure – précaution supplémentaire à Pédition en Belgique de son conte philosophique. Cependant, à la première lecture autonome, tout le monde perçoit-il les critiques implicites de l’œuvre ? La dénonciation de l’esclavage, de la superstition imposée et entretenue par les fanatiques religieux, la critique de la guerre, a valorisation du déisme… tout ce qui fait l’intérêt du conte est-il réellement aussi limpide dans l’œuvre ?
Enfin et pour clore cette démonstration, arrêtons-nous sur un procédé précis et percutant : Pironie. Voltaire, cet as de l’ironie, l’utilise à bon escient certes, encore faut-il le percevoir : « rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien or escient certes, encore faut-il le percevoir : « rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonnées que ces deux armées » (chap. 3 Candide ou l’optimisme) est une formule choc, écrite pour dénoncer la guerre, sa barbarie, ses codes absurdes. lecteur mal renseigné pourrait imaginer que Voltaire vante les mérites des armees et se montre alors belliciste. Autre exemple, plus révélateur encore : lorsque Montesquieu écrit dans De l’esprit des Lois, son pamphlet contre l’esclavage, il commence ainsi « Si j’avais à soutenir les droit que nous avons eu de faire des esclaves, voici ce que je dirais Il est bien évident, compte tenu de la suite de son argumentation qu’il utilise les prétendus arguments des partisans de l’esclavage pour mieux tourner en ridicule la teneur des ces propos.
Nonobstant, SI le sens du onditionnel de la phrase initiale de Montesquieu « Si j’avais ? soutenir le droit » est mal compris, si l’on ne comprend pas que Montesquieu signifie par-là qu’il n’a pas à le faire puisqu’il ny a aucun argument qui justifie l’esclavage, dans cette optique, Montesquieu devient un esclavagiste des plus ignobles. L’argumentation perd complètement son efficacité dans la mesure où elle est mal interprétée. Exemple de conclusion (notez qu’il est difficile pour moi de ne pas faire de lien avec notre société actuel PAGF (notez qu’il est difficile pour moi de ne pas faire de lien avec notre société actuelle.
Evidemment, dautres ouvertures de conclusion sont possibles) Tous les jours, nous argumentons pour des choses banales ou plus importantes. Lorsqu’un sujet nous tient à cœur, nous prenons la plume pour défendre notre point de vue et chercher l’adhésion de nos destinataires. La conviction ou la persuasion, peu importe la visée argumentative, l’essentiel est d’aboutir à un résultat probant. Néanmoins, l’argumentation est un procédé complexe qui doit être travaillé pour ne pas produire les effets inverses que ceux recherchés, par une mauvaise compréhension entre l’émetteur et son destinataire.
Parler clairement et simplement, avancer des arguments de manière explicite est certes efficace mais peut engendrer des problèmes, notamment la censure, que la fiction et ses procédés peuvent éviter. Dès lors, nous pourrions revenir à notre idée initiale : celle de l’importance de l’apparence. Aujourd’hui, il apparait que les mots n’ont plus la même place dans la vie sociale, dans la relation sociale aux autres, dans l’échange d’idées. Est-ce cela la modernité, Doit-on être fier de ce progrès ? Voltaire, Montesquieu, Diderot, Les Lumières seraient-ils fiers de nous ?
