Quels enjeux prospectifs pour les projets solaires ? 02janvier 2014 Thèmes : Europe, Environnement, Energie, Entreprise, Economie L’exploitation de l’énergie solaire par une association entre l’Union européenne et les pays du Sud de la Méditerranée présente de grosses difficultés de toutes natures, mais elle devrait permettre, si elle se réalise, de surmonter l’ensemble des obstacles que rencontre l’accès de l’Europe à une énergie abondante, bon marché et non polluante.
La région méditerran problématiques com démographique et VI continent face à la cr population très jeun Moyen-orient (MENA) e • or 11 issu , Snipe to es aux breux plans.
Déclin tian pour le vieux très forte et à une e du Nord et du ; taux de croissance economique pour les deux régions évoluant en sens contraire, relativement bas pour l’Europe alors qu’ils sont très élevés pour les pays du MENA ; absence de ressources énergétiques en Europe et surabondance de ces ressources en MENA ; présence d’un grand savoir-faire technologique dans le domaine des énergies renouvelables en Europe contre une dépendance technologlque forte dans la région du MENA. Autant d’éléments qui font qu’une collaboration ntre les deux régions prend de plus en plus de sens.
Plusieurs initiatives ont été menées par l’Europe depuis 1995 pour réaliser ce rapprochement. La mise en route du processus de Barcelone, lancé par J Jacques Chirac, vise a établir les bases du dialogue entre l’Union européenne et les pays de la rive sud de la Méditerranée pour aboutir à un partenariat euro-méditerranéen dans le domaine de la sécurité, du développement et de la culture. La mise en place de l’Union pour la Méditerranée (UPM) est destinée à renforcer les liens entre l’Europe et les pays du Sud de la Méditerranée.
Desertec constitue une autre initiative ayant vocation ? rapprocher ces deux régions autour d’un projet d’énergie solaire. Une des études du Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) a permis de conclure qu’en moins de six heures, les zones désertiques du globe reçoivent du soleil la quantité d’énergie que l’humanité consomme en une année. Il suffirait d’installer des collecteurs solaires sur moins de % des surfaces désertiques de la région sud méditerranéenne pour produire suffisamment d’électricité pour répondre à l’augmentation des besoins des pays de cette région et de l’Europe.
L’électricité d’origine solaire et éolienne pourrait être transportée au moyen de lignes en courant continu haute tension (CCHT) et acheminée vers l’Europe. Le développement de l’énergie solaire doit son existence prlncpalement aux projets de conquête spatiale des années 1950. Son utilisation a ensuite évolué pour inclure des applications terrestres mais avec un développement lent et des coûts élevés. Néanmoins, les énergies renouvelables connaissent un nouvel essor ces dernières années en raison de la crainte de nouveaux chocs pétroliers, de la hausse des prix de l’énergie et de
PAG » 1 en raison de la crainte de nouveaux chocs pétroliers, de la hausse des prix de l’énergie et de la prise en compte de plus en plus importante des problèmes environnementaux. Aujourd’hui, la puissance opérationnelle totale est d’environ 13 GW et la puissance en projet dépasse les 30 GW. De plus, l’Agence internationale de l’énergie (IEA) prévoit un investissement quatre fois plus important dans le solaire d’ici 2020. Les technologies de production de l’énergie solaire sont variées, les deux principales sont le solaire thermodynamique et le photovoltaïque.
La course ntre le solaire thermodynamique et le photovoltaïque est rude (les niveaux de maturités des technologies, les coûts et modes de fonctionnement diffèrent, etc. ). Desertec s’inscrit dans un contexte de rapprochement des pays des deux rives de la Méditerranée tout en tirant parti du développement des projets solaires Pour l’Union européenne, Desertec pourrait apporter un complément aux ressources européennes en EnR ainsi qu’un moyen d’accélérer le processus de réduction des émissions européennes de C02 et d’augmenter la sécurité de son approvisionnement énergétique.
Pour les pays du MENA, e projet pourrait apporter une production d’énergie propre, des emplois, des sources de revenus, une amélioration des infrastructures et des possibilités de dessalement d’eau de mer. Le solaire présente beaucoup d’avantages, mais rencontre aussi quelques difficultés notables telles que : son caractère intermittent, lié aux heures d’ensoleillement, ce qui impose des sources complémentaires dénergie e PAGF30F11 caractère intermittent, lié aux heures d’ensoleillement, ce qui impose des sources complémentaires d’énergie et du stockage et surtout que son coût d’exploitation, qui reste élevé.
Un des prlncpaux enjeux de Desertec est en effet de trouver des moyens de financement pour ce projet de plusieurs milliards d’euros d’ici 2050 (400 milliards d’euros d’après une étude du DLR datant de 2005, le montant total du projet est encore inconnu à ce jour). Partant de ces différents constats et, au-delà de l’excitation de vivre un nouvel épisode de développement technologique ambitieux, il nous est apparu essentiel de centrer le débat sur les facteurs clés pour le succès de ce projet afin qu’il ne se transforme pas en fausse bonne idée.
Il ne faudrait pas qu’il ébouche sur un lancement retardé de cinquante ans (tout comme certains fameux tunnels sous-marins) ou entraîne des catastrophes régionales (on peut penser aux déboires liés ? l’irrigation entreprise autour de certaines mers intérieures). L’analyse prospective d’un projet comme Desertec montre que les facteurs clés de succès technologiques et financiers sont fondamentaux Les technologies de production de l’énergie solaire sont variées, les deux principales étant le solaire thermodynamique et le photovoltaïque.
Le solaire thermodynamique (miroirs paraboliques) est la technologie privilégiée dans la projet Desertec La technologie du solaire thermodynamique est la plus ancienne . son utilisation date des années 1980 et elle a déjà fait ses preuves aux Etats-Unis et en Espagne. Cest don PAGFd0F11 années 1980 et elle a déjà fait ses preuves aux Etats-Unis et en Espagne. Cest donc une technologie que l’on peut considérer comme « mature » et qui présente l’avantage, par rapport au photovoltaïque, de pouvoir emmagasiner de la chaleur et être ainsi opérationnelle plusieurs heures la nuit.
En revanche, son potentiel de développement reste aujourd’hui conditionné par l’amélioration de son rendement et la diminution de son oût. Il faudra aussi veiller à prendre en compte l’équation environnementale. Le solaire thermodynamique a un impact environnemental modéré du fait de son empreinte carbone faible. Cependant cette technologie nécessite deux à trois fois plus d’eau qu’une centrale à charbon. L’eau est essentielle pour refroidir le système et pour nettoyer la poussière sur les panneaux solaires, ce qui est nécessaire à leur efficacité.
Ceci pose donc un double problème du fait que les installations seraient au Sahara : la rareté de l’eau dans cette région et la grande fréquence des tempêtes de sable. La prise en compte de ‘ensemble de l’équation environnementale n’est donc pas aussi simple que prévue. Il s’agira de trouver des solutions adaptées aux territoires en envisageant par exemple, des installations de panneaux près des mers, de coupler la problématique de production énergétique à la problématique de dessalement de l’eau, etc.
Pour que le projet voit le jour et au-delà de l’aspect technologique, il est également nécessaire de répondre à des exigences de rentabilité de l’ordre de 12 à 15 % (niveaux de rentabilité comparables à ceux des pr s 1 rentabilité comparables à ceux des projets concernant les hydrocarbures). Aujourd’hui, ce taux de rentabilité n’est pas atteint mais des analyses du Centre allemand de recherche aérospatiale datant de 2005 ont montré que la rentabilité du projet Desertec serait atteinte entre 2020 et 2030. our garantir la réalisation de cet objectif, Desertec devra jouer sur plusieurs leviers, dont les revenus dégagés et les coûts engendrés. La vitesse de croissance du secteur émergent de l’énergie solaire découlant de l’atteinte d’une rentabilité convenable, elle va dépendre de l’importance des soutiens offerts par les régulations étatiques, seuls vrals moteurs de la décroissance ndispensable des prix et d’une gestion des coûts maîtrisée et sans cesse améliorée.
La capacité de l’énergie solaire à être un facteur de lutte contre le changement climatique doit se traduire par des externalités positives qui prennent en compte les bénéfices environnementaux qu’offrent ces énergies. Les instruments de ces externalités ne devront pas se réduire à des gadgets mais constituer de réels leviers économiques, afin de contribuer notamment à niveler les coûts de l’énergie solaire.
Les niveaux des tarifs de rachat ou des primes devront être étudiés crupuleusement et emporter l’adhésion de tous les acteurs impliqués parce qu’ils seront inefficaces s’ils sont trop bas et économiquement improductifs s’ils sont trop élevés. Même si Desertec va démarrer avec la technologie du solaire thermodynamique, le format des 6 1 si Desertec va démarrer avec la technologie du solaire thermodynamique, le format des centrales (nature des équipements) reste encore à définir.
La compétitivité de ce système (surtout face au photovoltaïque) et donc le prix du kWh dépendra, en première ligne, des progrès technologiques réalisés sur les systèmes optiques et les fluides caloporteurs. La veille technologique s’avère donc fondamentale pour suivre de la façon la plus précise l’évolution du projet.
La consolidation d’un écosystème associant des laboratoires de recherche et des start- up peut permettre de conserver une avance technologique, voire d’anticiper des points où il faudra infléchir le projet. Les enjeux géopolitiques ne doivent pas être négligés dans un tel projet Desertec est avant tout un projet avec de forts enjeux géopolitiques dans un monde où les ressources énergétiques sont plus que jamais au cœur de nos économies.
Les contraintes nvironnementales grandissantes placent au cœur des priorités des États la nécessité de faire non seulement un usage sobre de l’énergie et de limiter la production du carbone, mais également de créer de nouvelles relations entre les États. Le projet Desertec peut en effet apporter des réponses aux exigences mondiales de mutation énergétique : le projet s’implante dans une zone favorable au développement d’énergies alternatives au pétrole et au gaz pour faire face à l’épuisement des ressources fossiles.
Il s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre pour les pays qui, comme ‘Allemagne, utilisent de PAGF70F11 lutte contre les émissions de gaz à effet de serre pour les pays qui, comme l’Allemagne, utilisent des centrales thermiques au charbon ou au gaz et n’ont pas fait le choix de l’énergie nucléaire (énergie de masse non émettrice de C02) puisque le projet peut favoriser le déploiement à grande échelle d’énergies renouvelables. Il permet également la diversification des partenaires énergétiques, l’objectif étant d’accroître l’indépendance énergétique des pays européens.
Mais, pour que Desertec voit le jour, seuls une volonté politique affirmée et n cadre incitatif adéquat et engageant constituent aujourd’hui des préalables, nécessaires pour faire évoluer la réglementation européenne dans le bon sens en donnant toute sa place à la concurrence et en créant un marché approprlé de Pélectricité verte, socle de son développement, susceptible de catalyser les découvertes et les innovations technologiques. Ce serait alors un levier considérable pour la baisse des coûts et l’atteinte de l’objectif de rentabilité.
De plus, plutôt que de faire émerger un cadre contraignant, qui rendrait, obligatoire, en Europe, le recours aux énergies enouvelables, Penjeu réside dans la déclinaison de l’article 9 de la Directive sur les énergies renouvelables en créant des incitations fiscales et économiques dans chaque pays membre de l’Union européenne. Les mesures fiscales, les politiques étrangères et le marketing liés au positionnement de chaque pays de l’Union envers les pays du Sud devront également être régis selon de grands principes.
En effet, il est important d’ass B1 Sud devront également être régis selon de grands principes. En effet, il est important d’assurer une cohérence et une compatibilité des messages à adresser aux partenaires de ‘autre côté de la Méditerranée pour éviter un déséquilibre entre l’Europe et des pays du Sud. Dans le cas contraire, cela pourrait faire émerger, à moyen et long terme, des points de blocage dans le fonctionnement d’un marché intégré.
Dans les pays du Sud, il s’agirait de laisser les législations évoluer au niveau national sans forcément pousser à l’harmonisation. Le danger serait de présupposer que les pays du MENA réagiront de la même façon que les pays de l’Union européenne. Les discours pratiqués sur le vieux continent pourraient être sans effet de l’autre côté de la Méditerranée. un tel projet impose également de repenser la coopération entre le Nord et le Sud afin de construire une relation durable qui bénéficie à tous.
Préalablement à un projet de grande envergure et à forts enjeux politiques, il est crucial d’apporter une attention particulière aux relations qui existent entre chaque partie prenante du projet et donc entre l’Europe et l’Afrique. Il apparait en effet nécessaire d’adopter une approche de gagnant-gagnant permettant d’assurer les intérêts des pays du Sud, notamment dès l’amont à travers les contrats d’approvisionnement, insi que par la mise en place d’une gouvernance portée par l’ensemble des pays (pays du Sud, producteurs, et pays du Nord, consommateurs).
Le projet Desertec, de par l’implication des pays du Sud en réponse aux besoins des pays du Nord, pe projet Desertec, de par l’implication des pays du Sud en réponse aux besoins des pays du Nord, peut susciter des relations bilatérales parfois tendues (relation « exploitant-exploité Il est fondamental que les pays producteurs portent les projets d’investissements et partagent la gouvernance de la coopération avec les pays consommateurs afin de rester le plus indépendants possible.
La création d’une situation de coopération entre le Nord et le Sud sera d’autant plus durable qu’elle s’accompagnera de la construction d’un véritable système d’échanges. L’un des principaux enjeux du projet Desertec est également de s’assurer de la mse à disposition de ressources financières suffisantes sur toute la durée du projet : aussi bien pour son lancement que pour sa maintenance et son exécution. Il faudra alors faire appel à deux types de financement, différents mais complémentaires tout au long du projet : des ressources provenant d’acteurs publics et des ressources provenant d’acteurs privés.
Au-delà de l’État et du secteur privé, un troisième acteur devra également être sollicité : les agences de garantie de crédit international. Leur rôle sera de veiller à minimiser les risques encourus par chacun des deux acteurs, public et privé. pour autant, le risque pays, allant du non-respect des engagements préalablement actés à la faillite étatique, doit être pris en compte. La création d’un système fiable impliquant deux acteurs tout aussi importants l’un que l’autre : rÉtat et le secteur privé. La compensation des risques, aussi bien du secteur privé que du s 11
