E. N. S. P INSPECTEURS DES AFFAIRES SANITAIRES ET SOCIALES PROMOTION 1998-2000 ACCUEIL ET RÉINSERTION DES PERSONNES PRESENTANT DES TROUBLES PSYCHIATRIQUES : QUELLES REPONSES APPORTEES PAR LES C. H. R. S. PARISIENS. WAGNER Géraldine or lao SOMMAIRE Sni* to View – REMERCIEMENTS INTRODUCTION _ 6 LES POLITIQUES DE PRISE EN CHARGE EN PSYCHIATRIE ET EN C. H. R. S. : DES CHAMPS D’INTERVENTION DIFFERENTS, MAIS DES MISSIONS COMMUNES RECONNUES PAR LES TEX’TES LÉGISLATIFS 17 23 ET RÉGLEMENTAIRES I LA POLITIQUE DE PRISE EN CHARGE EN PSYCHIATRIE.. 2 LES CENTRES D’HÉBERGEMENT ET DE RÉINSERTION SOCIALE (C.
H. R. S. ) : STATUT JURIDIQUE ET MISSIONS 3 LA RENCONTRE DU SOCIAL ET DE LA PSYCHIATRIE : DES MISSIONS COMMUNES RECONNUES PAR LES TEXTES 20 13 14 LA NECESSAIRE RENCONTRE DES ACTEURS DE LA PSYCHIATRIE ET DES C. N. R. S. : UNE ÉVOLUTION RENFORCÉE PAR UN CONTA’TE D’EXCLUSION CROISSANTE (L’EXEMPLE DE PARIS)…. I PRÉSENTATION DE PARIS ET DE SES DISPOSITIFS DE PRISE EN 1. 4 La montée en charge de la misère 1. 5 Le dispositif d’hébergement et de réinsertion sociale ? éducatif 38 … 26 Paris : des modes d’hébergement variés et nombreux … 27 1. Les soins en psychiatrie à Paris : une offre nettement upérieure au reste de la région Ile de France, susceptible d’être optimisée………… 28 2 PRÉSENTATION DE LAMÉ HODE DE TRAVAIL RETENUE — 32 3 ANALYSE DE LA PRISE EN CHARGE DES MALADES MENTAUX DANS LES C. H. R. S. PARISIENS . 35 3. 1 Qui sont les personnes atteintes de troubles psychiatriques accueillies dans les C. H. R. S. parisiens ? . 3. 2 Comment fonctionne le dispositif de prise en charge des malades mentaux en C. H. R. S. ? . 37 3. 2. 1 Orientation du public — 37 3. 2. 2 Admission des résidents 38 3. . 3 Déroulement du travail socio- 3. 2. 4 Durée de éjour . … 38 … 38 3. 2. 5 Renvois et mesures de placements d’office 3. 2. 6 Fonctionnement du partenariat . 40 3. 3 Quelle définition donner à la notion de réinsertion ? 3. 3. 1 Réinsertion professionnelle — 3. 3. 2 Réinsertion par le logement . 3. 3. 3 « Réinscription » sociale.. LEVER LES OBSTACLES INSTITUTIONNELS POUR AMÉLIORER 49 L’INSERTION DES PERSONNES SOUFFRANT DE TROUBLES PSYCHIATRIQUES ACCUEILLIES EN C. H. R. S…. I SE DONNER LES MOYENS D’UNE RÉELLE ÉVALUATION DES BESOINS . 48 1 . Mettre en place une grille dévaluation commune à l’ensemble des C. H. R. S 51 1. 2 Recourir ponctuellement à des 53 2 2 FAVORISER LA SORTIE ET LA RÉINSERTION DES MALADES PSYCHIATRIQUES DANS LE DROIT COMMUN 54 2. 1 Maintenir la dimension généraliste des C. H. R. S. 2. 2 Renforcer le partenariat entre les acteurs de la prise en charge 2. 2. 1 Renforcer le partenariat avec les secteurs de psych les secteurs de psychiatrie … 57 2. 2. 2 Elargir le partenariat à de nouveaux acteurs — 60 3 APPORTER DES RÉPONSES SPÉCIFIQUES À DES CATÉGORIES DE MALADES MENTAUX PARTICULIÈREMENT FRAGILISÉES 62 3. Les jeunes 3. 2 Les femmes 64 3. Créer de nouvelles structures pour les malades mentaux les SIGLES — — ANNEXES…. — 78 plus désinséres 65 CONCLUSION – REMERCIEMENTS – . 68 70 . 73 Je remercie tous ceux qui m’ont aidée et soutenue au cours de la réalisation de ce mémoire, et plus particulièrement, Madame Jacqueline TRIN DINH ins ecteur des affaires sanitaires et sociales, et avoir bien voulu m’aider dans l’élaboration matérielle de ce mémoire, Le personnel de la D. A. S. S. e paris, notamment l’ensemble des membres du service « insertion et développement Les différents acteurs de la prise en charge des personnes tteintes de troubles psychiatriques, directions et équipes socio-éducatives des C. H. R_S. , médecins psychiatres et équipes soignantes des secteurs, pour le temps qu’ils ont consacré à ce mémoire et Véclairage qu’ils ont bien voulu m’apporter. Un grand merci également à Sandrine pour son regard critique et son aide constructive. 4 « La folie, si douce ou si violente soit-elle, a besoin de proximité, de disponibilité, de simplicité, de temps.
La folie a besoin d’être accueillie, il lui faut un accueil, toujours. » Préambule de Francis Jean dans « Les urgences de la folie », L’accueil en santé mentale », Guy Baillon, Editions Gaëtan Morin. INTRODUCTION ce qui fonctionne sans perturbation ; ensuite, est normal ce qui se rencontre dans la majorité des cas, ce qui est courant. par conséquent, l’homme psychiquement « normal » en un lieu et pour un temps donnés appartient à un groupe majoritaire dont la conduite et le comportement représentent un pourcentage majoritaire par rapport aux anormaux, moins nombreux.
L’homme psychiquement « anormal » est donc un individu dont le comportement s’inscrit en dehors de la moyenne statistique usuelle des « normaux ». J. Thuillierl rapporte ainsi la phrase d’un malade mental dont le psychiatre lui refusait la sortie de l’asile « ‘Evidemment si c’était nous qui étions les plus nombreux, c’est vous qui seriez derrière ces murs ». Toute l’ambiguité du sujet est dès lors posée, puisque le normal et l’anormal sont deux concepts qui se définissent l’un par rapport à l’autre.
Leur contenu varie selon le point de vue dont on se place, selon le lieu, ou encore selon l’époque. Thuillier jean, « La Folie Ed. R. Lafont, 1992. 6 Le Haut Comité de la Santé publique définit la santé comme un état complet de bienêtre physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en rabsence de maladie ou d’infirmité ». Les troubles mentaux constituent par conséquent une maladie à part entière qui empêche le bi ividus.
La définition le malade mental est un sujet atteint d’une affection qui se manifeste par des troubles importants du psychisme, certains pouvant être permanents. L’origine de ces perturbations est diverse : il peut s’agir d’altérations du cerveau comme pour la démence, mais dans bien d’autres cas, les origines sont multiples et difficiles ? éterminer. En fait, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont démunies : elles réagissent de façon désordonnée et inefficace aux exigences de la société tout en souffrant et/ou en falsant souffrir les autres.
La dixième classification internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (C. I. M. 10) répertorie sous le même chapitre troubles mentaux et troubles du comportement. Cette définition est plus large que la conception française de « maladies mentales », inconnue dans les pays qui privilégient une approche en terme de troubles mentaux. La conception française limite par conséquent le champ de la maladie mentale aux seules pathologies graves qui concernent la psychiatrie.
C’est cet angle d’approche qui sera retenu dans ce mémoire, l’étude ne concernant que les personnes souffrant de troubles psychiatriques diagnostiqués par un psychiatre. Les pathologies psychiatriques sont nombreuses et variées tant dans leurs origines que dans leurs manifestations. Sans prétendre dresser une liste exhaustive de l’ensemble des pathologies psychiatriques, elles peuvent être regroupées de la façon suivante : on distingue d’une part les troubles omme la confusion (désorientation dans l’espace et le temps, rêves hallucinatoires… , les psychoses délirantes aiguës (délires, troubles de l’humeur„. ), les crises d’angoisse, ou encore les dépressions réactionnelles et névrotiques ; et d’autre part, les troubles mentaux chroniques : il s’agit de démences dues à des troubles organiques dégénératifs (démence sénile… ), de psychopathies (Cest un ensemble mal délimité qui regroupe notamment tous les déséquilibres psychiques, l’alcoolisme, la toxicomanie… ), de psychoses (schizophrénie, aranoïa… ), ou encore de névroses (phobiques, obsessionnelles… ). La psychose suppose une adhésion complète du malade à ses idées délirantes , il n’a donc généralement pas conscience de ses troubles, ce qui rend le traitement plus difficile. Le malade névrosé au contraire est conscient de sa maladie et peut exprimer directement sa souffrance. Les pathologies psychiatriques ainsi définies, il reste à savoir comment elles sont traitées. La prise Elle s’appliquera pendant près de 1 50 ans. Il s’agit à la fois d’une loi d’assistance et de police : l’asile (qui deviendra hôpital sychiatrique en 1937) est créé pour soigner les malades mentaux mais aussi pour les soustraire à la société.
La charge pèse sur les départements puisque chaque département « est tenu d’avoir un établissement spécialement destiné à recevoir et ? soigner les aliénés. » La loi de 1 838 prévoit également deux formules de placement en établissements : le placement volontaire qui relève de la volonté de la famille et le placement d’office qui relève des pouvoirs de police du préfet. Ces deux modes de placements subsistent d’ailleurs encore aujourd’hui respectivement sous la forme de ‘hospitalisation à la demande d’un tiers (H. D. T. ) et de l’hospitalisation d’office (H.
O. ). Mais la prise en charge des malades mentaux telle qu’elle avait été définie par la loi de 1838 s’est trouvée progressivement dépassée par l’évolution de la société et les progrès de la science. De nouvelles thérapies ont fait preuve de leur efficacité, permettant de réduire considérablement la durée dhospitalisation. De ce fait, les troubles psychiatriques ont commencé à se faire soigner dans les établissements spécialisés en « services ouverts », hors des modalités de placement sous contrainte révues par la loi de 1838. principales : soins gratuits et actions de prévention. Ainsi, la coexistence de ces deux types de structures (établissements spécialisés et dispensaires) a donné nalssance à une réflexion sur la nécessité de proposer une prise en charge complètement différente. C’est une prise en charge globale, associant prévention, soins et suivi postcure que met en place la circulaire no 340 du 15 mars 1960. A compter de cette date, la psychiatrie publique connaît une véritable mutation, en modifiant de façon radicale la manière de traiter les malades mentaux.
L’hôpital s’ouvre sur la société, la durée d’hospitalisation diminue considérablement, les prises en charge « hors les murs » se multiplient, avec une très forte volonté d’aider les patients à se reinserer. Pourtant, malgré toutes ces évolutions qui ont profondément modifié la prise en charge des malades mentaux, les pathologies psychiatriques continuent à toucher une partie importante de la société française. Une enquête de la Direction Générale de la santé (D. G. S. ) montre qu’en 1 991, de la population française, soit près de 760 000 adultes, consultent services psychiatriques PAGF 00
