Chers lecteurs, Après le Club Luxe centré sur le thème Digital, le Club Luxe de l’Adetem a consacré sa 9ème édition du 14 juin 2013 au « Slow Made live N’27 Cette matinée a été présentée par STEPHANE TRUCHI, président du Directoire de l’Ifop et Président du to View Club Luxe Adetem, En présence de : Mr. Christophe Rioux Directeur du pôle Lu Créatives de l’ISC Pari dEconomie à la Sorb org Po, et Membre fondateur du « Slow Made » Mr. Dominique Barbiery, Directeur Général de Paraffection, Groupe Chanel Mme.
Adeline Lunati, Interior Design Manager, Lalique Fort du succès médiatique récent de ce mouvement lancé ar certains acteurs des métiers d’art, et consistant ? valoriser la qualité des objets durables produits avec patience, le Club Luxe a décidé de se pencher sur l’impact de ce mouvement dans le marketing et la consommation du luxe. Président du Directoire de l’Ifop et Président du Club Luxe, pour partager leurs expériences, dont vous retrouverez dans ce nouvel Ifop Live les principaux enseignements clés.
Bonne lecture à tous, Mr. Daniel Cabaleiro, Directeur Marketing et Communication, Piper-Heidsieck Martine Ghnassia, Directrice du Planning Stratégique Isabelle Grange, Directrice de Clientèle Planning Stratégique et Communication. Retour sur… « Le « Slow Made », Stratégie créatrice de valeur dans le Luxe ? » Dans un contexte de crise où tout va de plus en plus vite, on observe le développement d’une « Slow Économie » valorisant désarmais le temps avec un retour marquant vers le savoir-faire métier et la tradition.
Cette tendance s’étend notamment aux métiers d’art, de la création et du luxe, qui s’attachent aujourd’hui à valoriser la temporalité, le savoir-faire et la qualité des objets durables produits avec patience dans leurs stratégies marketing. On parle désormais de « Slow Made Ce nouveau mouvement, qui prend de plus en plus d’ampleur, est ne signature collective dans le cham des métiers de la création. ‘inscrit ainsi dans une tendance annoncée depuis quelques années. Avec la crise financière de 2008, révélatrice d’un mouvement de fond qui était déjà à l’œuvre dans la société, on a pu observer une montée de valeurs telles que l’humilité, la pérennité, la prise de conscience de l’impact des comportements d’aujourd’hui sur la société de demain ; et un déclin des valeurs d’ « éphémérité » et de gaspillage.
Dans la consommation et le luxe, cela s’est traduit par moins de futilité, plus de responsabilité et de sens, vec une reprise du contrôle de sa consommation, moins de laisser-aller quant aux impulsions d’achat, et le besoin de justifier son achat en intégrant la notion dinvestissement_ D’où l’apparition dans les critères d’achat de dimensions faisant référence à la valeur du produit, ? sa qualité intrinsèque, et au savoir-faire qu’il intègre. ? Dès 2009, l’Ifop, au travers de ses études de tendances (IfopTrends) et de ses baromètres d’usages et d’attitudes menés pour ses clients du luxe, a pu noter une réelle évolution des comportements des consommateurs vers une quête de produits transmissibles, vers une attente de roduits à forte valeur qualitative et dont l’usage est durable, de produits qui ont une histoire, une origine et un ancrage métier », précise ainsi Stéphane Truchi.
Ceci a concrètement remis au goût du jour des collections intemporelles, avec la réédition de produits iconiques chez certains grands acteurs du luxe, des produits à fort contenu artistique (l’art devenant un motif noble à la dépense), et une forte attention à la qualité- produit délivrée. La montée de c noble à la dépense), et une forte attention à la qualité-produit délivrée.
La montée de ces valeurs de ens se retrouve dans les critères de choix dans le luxe. « En 2008, déjà, nous notions l’importance des valeurs de qualité, d’intemporalité et dinvestissement dans les critères de choix des consommateurs de marques de luxe », ajoute Stéphane Truchi. De nombreuses grandes Maisons ont bien compris cela.
Les performances de marques confirment cette lame de fond : Hermès et son Festival des Métiers, Chanel et sa fillale de métiers d’art paraffection, LVMH et ses Journées Particulières, Vacheron Constantin et Piper- Heidsieck en sont la preuve. Le Slow Made milite pour remettre à l’honneur et perpétuer ce ui en constitue l’essence même : la recherche et l’innovation respectueuse du savoir-faire ancestral, le geste, la pratique, la transmission, l’appropriation et le prix juste. ? Le Slow Made entre ainsi en résonnance avec cette quête de valeurs de sens autour du produit », insiste Christophe Rioux. Afin que ce mouvement du Slow Made puisse se développer, Christophe Rioux rappelle par ailleurs que celui-ci doit pouvoir faire face à des enjeux stratégiques et multiples tels que : « – le Produit, qui doit retrouver son statut de singularité et d’unicité, alors qu’il est devenu « massifié » avec la démocratlsation du luxe ; la Communication . es marques se doivent de faire participer et d’éduquer à la création un consommateur exigeant et en quête de nouvelles expériences ; 2 PAGF les marques doivent trouver le « prix juste », qui prend réellement en compte le temps du développement et de la fabrication ; – la Distribution : le point de vente doit mettre en avant ce savoir- faire métier. C’est le cas par exemple du Digital Flagship Burberry à Londres sur Regent Street, qui fait l’éloge de l’artisanat d’art à travers la technologie. ? Néanmoins, « le consommateur étant toujours animé par un principe de désir qui ne peut être ctivé que par la promesse d’une expérience nouvelle, ce mouvement ne doit pas se conjuguer uniquement au passé. Il doit se conjuguer avec l’innovation », a expliqué Stéphane Truchi. Le Slow Made est ainsi une nouvelle manière de promouvoir les métiers de la création, en démontrant que produire moins et mieux, c’est s’inscrire dans la modernité.
Slow Made et Haute Couture : les grands enjeux de la valorisation des métiers dart dans le Luxe Retour sur les propos de Dominique Barbiery, Directeur Général de Paraffection (Maisons Lesage, Michel, Lemarié, Massaro, Goossens, Guillet, Causse et Montex… ), Groupe Chanel. Le Slow Made est une problématique historique pour Chanel, qui s’attache depuis de nombreuses années à défendre les savoir-faire des Maisons d’art.
Avec le développement du prêt-à-porter, de nouvelles attentes métier sont apparues dans l’univers de la mode telles la reproductibilité et l’accélération de la production- et s’inscrivent dans un modèle différent de celui des Métiers d’art. Paraffection, filiale de Chanel a été créée afin de permettre aux Métiers d’Art de continuer afin de permettre aux Métiers d’Art de continuer à s’exprimer en toute proximité et complicité avec les créateurs du luxe (ses esigners, ses petites mains… et de garantir leur compétitivité dans le monde de la Mode, guidé par de nouvelles règles. Ainsi les Maisons Paraffection s’ouvrent à dautres clients du luxe et participent à « dynamiser le cercle de la création », commente Dominique Barbiery. « Le lien entre la Haute Couture et le slow made est évident » Le slow made et les savoir-faire sont valorisés depuis longtemps chez Chanel, qui a compris le besoin de donner à ses clients les clés de compréhension de la créatlon des produits.
Cependant, souligne Dominique Barbiery, les Maisons de Luxe uront avec le Slow made de nouveaux défis à relever : Trouver de vrais artisans, animés de cette passion de l’artisanat, alors que ces métiers sont encore peu valorises, Parvenir pour les marques de Luxe à se différencier, tant de nombreuses Maisons de luxe recentrent aujourd’hui leur stratégie sur leurs métiers. « e Slow Made c’est aussi la transmission de la culture, du savoir-faire et de ce capital social. ? Le Slow Made entre innovation et savoir-faire Retour sur les propos d’Adeline Lunati, Interior Design Manager chez Lalique. L’Interior Design Studio de Lalique a été créé en 2010 afin de donner des nouvelles xpressions à la matière cristal dans le cadre d’espaces de vie luxueux, en associant des nouvelles techniques au s cristallier de Lalique. retourne ainsi aux origines du travail de René Lalique, basé sur la création d’univers et d’espaces à grande échelle, et inscrit une dynamique d’innovation au sein des compétences classiques de la maison Lalique.
Le concept des panneaux d’espace, lancé en 2012, permet ? Lalique de se développer sur de nouveaux marchés comme celui de l’architecture intérieure haut de gamme, en proposant des panneaux de cristal et de verre à intégrer comme paroi, porte, pare-douche, dans les spaces au grés des demandes. Ces créations sont en phase avec les valeurs du moment : « le fait main, le sur-mesure, la réactivité Ainsi, ces réalisations sont chaque fois des pièces uniques et répondent à la spécificité client.
Avec ce nouveau concept, Lalique se renouvelle et enrichit son savoir-faire en assimilant de nouveaux gestes et procédés issus d’autres territoires techniques. « Le slow made ne doit pas « muséifier » les savoir-faire, mais les faire s’exprimer dans les meilleures conditions possible, pour les emmener à la rencontre du public et des clients, en répondant à la contemporanéité des usages et endances d’aujourd’hui. » Le Slow Made au cœur du Champagne Retour sur les propos de Daniel Cabaleiro, Directeur Marketing et Communication de Piper-Heidsieck.
Il y a évidemment pour le Champagne une notion fondamentale de made-in. Le chef de Cave élabore des cuvées de qualité régulière par l’assemblage de 3 cépages (Chardonnay/Pinot Noir/Pinot Meunier), avant la mise en cave pendant au moins 15 mois. Cest donc là qu’un quatrième cépage intervient : le temps ; et que la nation de Slow Made prend tout C’est donc là qu’un quatrième cépage intervient : le temps ; et que la notion de Slow Made prend tout son sens. « Dans le secteur du Champagne, le temps et la qualité sont deux éléments qui sont intimement liés. ? Depuis son rachat, en 2011, par le groupe Descours, la marque Piper-Heidsieck opère actuellement un virage stratégique avec un retour vers son histoire et la création. Piper-Heidsieck est passé d’une stratégie de collaborations « Mode » ? une logique centrée sur le produit, la transmission de patrimoine, basée sur son histoire, ses fondamentaux et son savoir-faire. Ainsi après avoir développé des partenariats avec des marques de mode elles que Louboutin, Viktor & Rolf, Jean-Paul Gaultier… t des packagings évenementiels, la marque se recentre sur ce qui est « derrière l’étiquette, le vin » et déploie une nouvelle identité directement inspirée par l’architecture de son siège social à Reims, inauguré en 2008, conçu comme un espace lumineux sublimé par une résille métallique et évoquant également l’effervescence du champagne. 4 Contacts Pour une présentation détaillée de l’expertise luxe de l’Ifop ou pour échanger sur vos enjeux spécifiques, contactez : Marc Gicquel Directeur du Département Luxe marc. gicquel@ifop. com
